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Histoire d'un virage

2008-2013

 

Extraits du volet canadien de l’Enquête internationale sur l’alphabétisme et les compétences des adultes (EIACA) de 2003

Compte tenu de l’importance de l’alphabétisation et des compétences requises des individus dans le contexte d’une économie du savoir et de l’information, il est clair que la vitalité des minorités de langue officielle dépend, en bonne partie, de la possession d’outils et d’information leur permettant de s’épanouir et de se développer. La situation particulière dans laquelle se trouve nombre de francophones à l’égard de leurs compétences en lecture, en écriture et en calcul nécessite que ces communautés disposent de données leur permettant de mieux comprendre la situation de leurs membres afin de mieux cibler leur action.

C’est donc dans cet esprit, et comme suite à ces constats, qu’a été préparée la présente étude qui porte sur l’alphabétisme et les compétences des minorités de langue officielle tels que mesurés dans le cadre de l’Enquête internationale sur l’alphabétisme et les compétences des adultes (EIACA) de 2003. Cette recherche vise à permettre de mieux cerner différents aspects des processus d’alphabétisation et de maîtrise de la langue chez les minorités de langue officielle.graphe1

Ainsi l'EIACA révèle que 56% des francophones au Canada éprouvent des difficultés sérieuses avec la lecture et l'écriture (Niveaux 1 et 2). Voir trois exemples de questions posées.

Les constats suivants ont été mis en lumière :

  • il existe des différences marquées en matière de niveau d’alphabétisme entre les anglophones et les francophones;
  • ces différences ont tendance à diminuer à mesure que les cohortes étudiées diminuent en âge;
  • ces différences sont presque inexistantes lorsqu’on compare des individus ayant des niveaux de scolarité similaires;
  • le niveau de scolarité, et non la langue, est en grande partie responsable des différences observées dans les scores atteints lors des tests d’alphabétisme;
  • les individus qui sont appelés à mettre en pratique leurs compétences en matière d’alphabétisme, tant au travail que dans la vie en général, ont tendance à conserver des niveaux plus élevés d’alphabétisme.

Graphe

L’Enquête internationale sur l’alphabétisme et les compétences des adultes (EIACA) a permis de mettre en lumière un certain nombre de constats concernant la situation des minorités de langue officielle en matière d’alphabétisme.

Le bref survol historique présenté au début de l’étude montre avec éloquence que les francophones, tant au Québec qu’à l’extérieur du Québec, ont été confrontés à des obstacles importants qui expliquent en bonne partie le retard qu’ils ont longtemps accusé en regard des anglophones. Quant aux anglophones du Québec, bien que leur situation diffère d’une région à l’autre, leur niveau moyen de compétence en littératie est, dans l’ensemble, largement supérieur à celui des personnes de langue maternelle française.

Les résultats de l’EACA ont révélé un phénomène important du point de vue des habitudes de lecture et d’écriture. À niveaux de scolarité et de revenu égaux, les francophones sont moins susceptibles que les anglophones d’avoir développé de fréquentes habitudes de lecture et d’écriture dans leur vie quotidienne. Par le fait même, ils sont également moins portés à fréquenter une bibliothèque ou une librairie et à posséder un nombre important de livres à la maison. Un tel constat se traduit par des niveaux de littératie inférieurs chez les francophones de l’extérieur du Québec en comparaison de ceux atteint par leurs homologues anglophones tels que mesurés dans  les tests de l’EACA.

Finalement, outre l’alphabétisation des francophones, les résultats de l’EIACA ont mis encouverture lumière un double défi pour les minorités francophones de l’extérieur du Québec et du Nouveau-Brunswick : l’alphabétisation en français. Par exemple, la proportion importante de Franco-Ontariens et de Franco-Manitobains ayant effectué les tests de l’enquête en anglais, soit près de 63 % et de 85 %, respectivement, est révélatrice d’une réalité démographique avec laquelle doivent composer ces communautés. Bien qu’une forte proportion d’entre eux ait néanmoins indiqué avoir une très bonne ou une bonne capacité de parler ou de lire le français, l’anglais demeure néanmoins la langue privilégiée dans leur rapport à l’écrit. En dépit du net progrès dans la scolarisation des francophones, un tel constat pose donc tout entier l’important défi que représente le développement et le maintien de l’éveil à l’écrit en français pour la survie des communautés francophones en situation minoritaire.

Pour plus d'information, nous vous invitons à télécharger le document intitulé "Le volet canadien de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes de 2003 (EIACA) : état de la situation chez les minorités de langue officielle".EIACA

 

Considération importante

Le principal objectif national de l’EIACA est de produire des estimations du changement dans le niveau d’alphabétisme de la population adulte du Canada depuis la publication des données de la première Enquête internationale sur l’alphabétisme des adultes (EIAA) de 1994.

Lors de l’enquête de 1994, le nombre de cas échantillonnés ne permettait pas l’élaboration d’analyses fines sur les communautés minoritaires de langue officielle. L’étude détaillée intitulée Lire l’avenir : un portrait de l’alphabétisme au Canada (DRHC et Statistique Canada, 1996), qui présentait les résultats du volet canadien de l’enquête de 1994, n’avait pu aborder de manière approfondie l’état de l’alphabétisme chez les minorités de langue officielle et ce, en grande partie à cause des limites de l’échantillon.